En musique trad la grande majorité des stages n'utilisait pas la partition. Les stagiaires apprennent des morceaux de plus en plus longs, compliqués... et ça fonctionne. Ce n'est pas le cas dans les stages auxquels je participe (on prend plutôt le contre-pied de ceux qui disent.... en gros que la connaissance est un frein... je schématise

). Mais l'école trad n'a pas que des défauts et le papier... on peut s'en passer. J'ai eu un stagiaire non-voyant l'année dernière... Ben c'est impressionnant. Je faisais travailler d'oreille. Souvent des morceaux de 32 mesures, structurés (genre la fin du A est la même que la fin du B, etc, du trad, quoi!). Il avait tout enquillé en 4 minutes et il faisait travailler un groupe pendant que j'apprenais à l'autre. Et en même temps qu'il apprenait les notes, il comprenait mon style "comme une éponge". C'est à dire qu'au deuxième tour il faisait tout comme moi.. mais avec son timbre. C'est assez impressionnant. Celà dit, il connaît parfaitement la théorie musicale, les notes et les rythmes... "la feuille sans le papier"

.
Mais pour avoir travaillé de la musique indienne un soir avec lui (et un "maître" qui nous apprenait un thème), en fait, j'allais plus vite que lui pour me souvenir du thème (pour choper les notes... ben on entend tous les deux, donc ça, c'est immédiat, le problème c'est le rythme, la mémoire, et la structuration : en musique indienne, pour nous, c'est très étrange). J'ai l'impression que dans des musiques "conventionnelles et européennes" il a une vision globale de comment ça se passe... beaucoup plus que moi en tout cas. Sur des rythmes "normaux", qui se répètent souvent, il est imbattable. Il a un grand vocabulaire musical interne (les notes, le rythme, avec les nuances et les ornements), et tout ce qui entre dans son vocabulaire trouve facilement sa place dans sa mémoire. Et puis il a pas la flemme. Il fait marcher sa tête bien et longtemps. Alors que nous autres... au bout de quatre mesures on prend la partoche parce que c'est plus facile.
jp
« la quantité d'énergie nécessaire pour réfuter des sottises […] est supérieure d'un ordre de grandeur à celle nécessaire pour les produire » Loi dite de Brandolini