La musique est un magnifique édifice qui se tient, avec ses règles et ses logiques.
La séquence II-V-I, omniprésente en musique occidentale, est aussi, comme par hasard, la succession des trois tonalités que tu obtiens en enlevant successivement un dièze à la clef, ou en y ajoutant en bémol. La succession complète des 12 tonalités organisée de cette façon est souvent représentée sur un cercle, appelé cercle ou cycle des quintes.
Tu places Do (rien à la clef) tout en haut, tu pars à droite en ajoutant 1, puis 2, puis 3 ... dièzes. Cela te donne successivement Sol, Ré, La, etc... Des quintes !
En partant à gauche depuis Do, tu ajoutes des bémols, ce qui donne successivement Fa, Sib, Mib, etc... Des quartes (non, non, pas Descartes...)
Tout ce petit monde se rejoint en bas à Fa# = Solb.
En grattant un peu sur le net, tu devrais trouver ce fameux cycle. J'en ai même un sous forme de tapis de souris, bien utile lorsque je bidouille des partitions sur mon ordi.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cycle_des_quintes
De la théorie, tout ça ? Certes. Mais il se trouve que notre oreille, et surtout notre cerveau qui décode la musique, est particulièrement "confortable" avec les quartes et les quintes.
En particulier: la fin d'une mélodie se "résout" particulièrement agréablement en parcourant le cycle des quintes dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, de quarte en quarte, en faisant par exemple Ré-Sol-Do. II-V-I ! Et voilà.
Quand je dis mélodie, c'est plutôt l'harmonie sous-jacente, celle soulignée par la basse.
Ecoute du Bach, du Mozart (notre bon vieux KV 622), Aisha de Goldman, ou I Got Rhythm, les II-V-I pleuvent comme un déluge. La partie B de I Got Rhythm est particulièrement remarquable: elle fait 4 quartes successives III-VI-II-V-I. Un cas d'école.